groupement des éleveurs de moutons d'Ouessant

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Conservatoire de la race

Bélier d'Ouessant noir, photo de Paul Abbé

Bélier d’Ouessant noir (photo : Paul Abbé)

A partir de l’article de Paul ABBE paru dans la revue « ETHNOZOOTECHNIE N° 22 – Races en Peril » le 18 Mai 1978, Patrick CARRE, alors président du GEMO, a dressé en 2012 un point sur la conservation de la race ovine d’Ouessant de 1978 à cette année. Nous vous proposons, ci-dessous, de retrouver ces deux articles.

Article de Paul ABBE (GEMO) paru en 1978

I – Situation Actuelle

La race ovine d’Ouessant aurait certainement disparu s’il n’y avait eu le maintien de quelques troupeaux dans des propriétés privées, particulièrement dans les deux départements bretons du Morbihan et de Loire-Atlantique ainsi que dans la Vendée et la Mayenne.

Le Groupement des Eleveurs de Mouton d’Ouessant ( G.E.M.O) regroupe actuellement 54 membres actifs répartis sur la France, la Belgique et la Hollande, et possédant 143 béliers et 412 brebis, soit 555 animaux, dont la répartition géographique est la suivante :

REGIONNb BELIERSNb BREBISTOTAL
TOTAL FRANCE128 béliers380 brebis555 animaux
Bretagne73 béliers215 brebis288 animaux
Anjou Maine14 béliers44 brebis58 animaux
Poitou Charentes13 béliers31 brebis44 animaux
Normandie5 béliers17 brebis22 animaux
Touraine4 béliers8 brebis12 animaux
Nord6 béliers21 brebis27 animaux
Périgord5 béliers6 brebis11 animaux
Auvergne1 bélier2 brebis3 animaux
Gévaudan1 bélier2 brebis3 animaux
Vivarais2 béliers10 brebis3 animaux
Franche Comté3 béliers22 brebis25 animaux
Lorraine1 bélier2 brebis3 animaux
PAYSNb BELIERSNb BREBISTOTAL
BELGIQUE13 béliers25 brebis38 animaux
HOLLANDE2 béliers7 brebis9 animaux

Dans cet effectif, la grande majorité des sujets sont noirs ou brun foncés ; 13 % sont blancs et quelques individus « café au lait ».

Il ressort de ces chiffres que les départements les mieux pourvus sont ceux du grand ouest français recouvrant sensiblement le Massif Armoricain. C’est aussi dans ces départements que le mouton d’Ouessant a le mieux gardé ses caractères originaux et en particulier sa petite taille.

Sans entrer dans le détail du standard que le G.E.M.O aura pour tâche d’établir, on peut rappeler que le mouton d’Ouessant adulte devrait peser de 11 à 20 kg et mesurer de 40 à 50 cm. Toutefois, dans l’état actuel du cheptel, il se trouve des individus de taille plus élevée, ce qui peut être attribué aux influences combinées du terrain plus riche et de la sélection humaine. Il est d’ailleurs frappant de constater que c’est sur le Massif Armoricain que la taille s’est le mieux conservée. Comment ne pas voir que le Mouton d’Ouessant a trouvé là un terrain granitique semblable à celui de son île originelle (sur laquelle il n’existe plus de véritable mouton d’Ouessant !).

 

II – Travail Accompli a ce Jour

Nous avons regroupé le maximum d’éleveurs volontaires, ce qui à rendu possible l’échange de béliers et contribué à diminuer la consanguinité. Nous avons augmenté les effectifs en diminuant l’abattage des femelles et en suscitant de nouveaux éleveurs.

Nous avons amorcé le mouvement de sélection de la race avec retour des belles cornes chez les béliers et maintien de la petite taille.

 

III – Projets d’Avenir

1. Augmenter les effectifs en jouant à la fois sur l’augmentation des effectifs des troupeaux existants et sur l’augmentation du nombre des éleveurs.

2. Continuer la recherche des éleveurs ignorés de nous, car nous ne pouvons prétendre, dans l’état actuel des choses, avoir réussi à découvrir tous les éleveurs existants.

3. Etablir le standard de la race.

4. Constituer le flock-book du Mouton d’Ouessant et pour cela effectuer des essais de marquage, ce qui pose un problème pour les individus noirs.

5. A plus long terme, guider les éleveurs dans le choix de leur bélier pour rompre au maximum la consanguinité.

 

IV – Difficultés Rencontrées

Les points 4 et 5 présentent de grandes difficultés car il faut beaucoup de temps disponible pour les organisateurs et beaucoup de discipline de la part des membres actif. Ces deux nécessités se heurtent au fait que les éleveurs ainsi que les organisateurs sont dans leur très grande majorité des amateurs novices dans les techniques d’élevage.

Une autre difficulté est la grande dispersion des éleveurs, ce qui oblige les organisateurs à des déplacements importants s’ils veulent garder un contact personnel avec les membres du Groupement. En effet, nous ne pouvons pas raisonnablement espérer qu’un grand nombre d’éleveurs se déplacent pour la réunion générale qui a lieur près de Nantes au domicile de Secrétaire du G.E.M.O.

 

V – Conclusion

Malgré ces difficultés, nous comptons bien assurer une longue vie à notre Mouton d’Ouessant, « Mouton de Charme » après avoir été longtemps « Mouton de château » ( il le reste encore en plusieurs lieux).

N’oublions pas qu’a ses qualités de charme, il ajoute des qualités pratiques rusticité, poids de laine importante, frugalité etc…

Nous nous en voudrions de conclure ce court exposé sans exprimer ici notre gratitude à Monsieur Luc GILBERT directeur de l’ALGO , qui nous apporte encouragements et soutien.

Paul ABBE

Commentaire de Patrick CARRE, Président du GEMO, en 2012, « Après 36 ans »

Après l’énumération de cet article, il est aisé de se représenter le chemin parcouru depuis la création du GÉMO en 1976. Aujourd’hui de part son nombre, la race du Mouton d’Ouessant peut être considérée comme sauvée. Ses deux grandes qualités, rusticité et esthétique, se sont alliées maintenant à l’évolution des mentalités au regard de l’écologie.

Progressivement de l’appellation de tondeuse écologique, où il entretien les petites parcelles de particuliers, son utilisation passe au braquet supérieur. En effet, il devient très utilisé par des entreprises pour des entretiens spécifiques que lui seul peut réaliser tel celui des oliveraies, des vignes hautes, des vergers. Maintenant il trône comme un des fers de lance des sociétés pratiquant l’éco-pâturage. Certaines communes, depuis déjà une décennie, le faisait paitre dans le but d’entretenir des lots difficiles à entretenir mécaniquement et ce, pour le plus grand plaisir des enfants. Mais à l’heure actuelle, l’éco-pâturage lui permet d’entretenir de façon permanente des entrepôts, des parcs solaires photo voltaïques et bientôt les abords de centrales nucléaires (petit clin d’œil de l’écologie à ce type d’énergie).

Du recensement de 1978 communiqué par monsieur Paul ABBÉ et suite à l’impulsion qu’il a su donné au Groupement, l’effectif actuel de plusieurs milliers de sujets sur notre territoire, atteint des données très importantes chez nos voisins belges, allemands, britanniques, suisses et en particulier des Pays Bas.

Revers de la médaille, les premières dérives apparaissent notamment dans certains pays au nord est de l’hexagone, où suite à des manipulations et croisements, des éleveurs ayant soif de nouvelles palettes à des fins mercantiles, s’écartent dangereusement du standard de notre Ouessant dont nous sommes pourtant le berceau originel de la Race.

La tache actuelle du GÉMO demeure tout aussi importante qu’en 1976, mais se situe sur un tout autre plan. La sauvegarde vigilante demeure et le GÉMO travaille en particulier dans l’enregistrement de moutons au standard afin qu’une généalogie officielle et reconnue écarte ces situations dénoncées.

Patrick CARRÉ